Conférence de Durban face au conflit israélo-palestinien

 

Avant d'analyser la question du conflit israélo-palestinien, je veux absolument vous prévenir, lecteur, que ce que je vais écrire, est la pensée les plus profonde qui règne en moi, ces derniers jours … Celles-ci seront peut-être en contradiction avec les vôtres, c'est pourquoi il m'est important que vous compreniez que l'idée de tolérance est essentielle dans le texte qui suit.

Je suis aujourd'hui très inquiet : la conférence qui s'est déroulée à Durban contre le racisme, contre la xénophobie, a été l'objet d'insupportables manipulations et dérives antisémites. Celle-ci a assimilé le sionisme à une forme de racisme et, dans la foulée, qualifié Israël d' " Etat raciste ", " coupable d'actes de génocide contre le peuple palestinien. "
Mais rappelons d'abord ce qu'est le sionisme. Il s'agit d'un mouvement religieux et national qui entend mettre fin à l'infériorité politique d'un peuple juif, les Juifs, en les dotant d'un Etat sur la terre sacrée d'Israël qui l'a vu naître. Mais en réalisant ce projet, ce mouvement de libération nationale s'est trouvé confronté au nationalisme arabe et palestinien, lui-même poussé dans la fièvre des sentiments nationalistes. Et cette douloureuse rencontre a donné naissance à ce conflit national ou territorial - et non pas racial - qui devra un jour, je l'espère, être résolu.

Je suis tout à fait d'accord avec le fait que le sort des Palestiniens des territoires occupés par Israël depuis 1967 est injuste. Certes. C'est la raison pour laquelle nous affirmons depuis plus de trente ans qu'aux côtés d'Israël, reconnu par ses voisins arabes, un Etat palestinien doit voir le jour.
Israël s'est d'ailleurs engagé dans cette voie en signant les accords d'Oslo et en formulant des propositions précises et constructives (je le pense) à Camp David.

Bien que l'occupation des territoires de la Cisjordanie et de Gaza soit condamnable, bien que les frappes israéliennes contre l'Intifada palestinienne, occasionnant pour des raisons précises plus souvent la mort de terroristes des mouvement islamistes fanatiques que d'innocents. Ces actes ne sauraient en aucun cas être qualifiés de génocide. Le terme de génocide désigne l'extermination systématique d'une population par un pouvoir qui, à cette fin, réunit tous les moyens nécessaires. Je pense que la référence au génocide dans le cas du conflit israélo-palestinien relève d'une intolérable tentative de banalisation de la Shoah, et constitue en tant que telle une insulte à la mémoire des victimes.

Je considère personnellement que les actes, parfois assez violents, sont inhérents à ce conflit. Car, si l'armée ne réagit pas face aux lancées de pierres, si l'armée ne réagit pas face aux actes terroristes, que va devenir l'Etat d'Israël et son peuple, qui nécessitent tant de sécurité ? Comment les autorités israéliennes doivent-elles réagir ? En sachant qu'on apprend à des jeunes, dès l'âge de six ans, qu'il est glorieux de mourir en tant que martyr ; car l'éducation palestinienne est souvent une éducation à la haine sans laquelle on ne verrait pas aujourd'hui tant de candidats au suicide, pour ne prendre que cet exemple-là.
Malheureusement, comme tant de monde reproche à l'Amérique son soutien envers Israël, je reproche à l'Union Européenne, qui finance l'éducation palestinienne, de ne pas se soucier de cette " éducation de haine ". Le commissaire de l'Union Européenne, Chris Patten, lors d'un conseil à propos du conflit (05.09.2001), s'est embarqué dans une explication, pour le moins lamentable et extrêmement grave à mon sens, puisqu'il a dit " qu'il était très difficile de faire une éducation tolérante lorsqu'on était entouré de tanks " pour reprendre son expression. Ce qui veut dire qu'il justifie le détournement de l'aide et des fonds européens en " éducation de haine ", il justifie le fait que le système éducatif palestinien soit un système éducatif tourné vers la guerre, vers la haine de l'autre et non pas vers la paix ; il le justifie par des circonstances économiques, politiques et au nom du désespoir ! Militer pour ça, je ne peux pas l'accepter, parce que sur le plan moral c'est inacceptable.

Mais comment arriver à la paix, si celle-ci existe ? Donner des territoires ? Justement mes idées de paix se sont fort fragilisées, car j'ai appris que le Président Palestinien, Yasser Arafat, à qui de nombreuses propositions avaient été offertes, n'a jamais été satisfait. Par exemple, l'année passée, l'ex-premier ministre, Ehud Barak, a fait la proposition la plus généreuse de l'histoire du conflit, en accordant de nombreux territoires occupés de Cisjordanie et en abandonnant une partie de Jérusalem aux Palestiniens. Ce fut, bien sûr, une concession énorme pour l'Etat d'Israël, mais après une longue réflexion, Arafat refusa l'offre de Barak ! Arafat jugea l'offre trop maigre pour son Etat et pour son peuple. Mais que faire alors pour satisfaire le peuple palestinien ? Je pense qu'il sera très dur d'arriver à une paix dans laquelle les deux peuples seront satisfaits … de leur territoire.

Mais au fond le débat n'est pas de savoir comment parvenir à la paix, le débat a pris une autre allure depuis cette nouvelle Intifada et je crois qu'on a pris conscience que ce qui est en jeu, c'est l'existence même d'Israël qui n'est manifestement pas acceptée par certains de ses voisins arabes.
Voilà pourquoi, c'est la légitimité d'Israël qui est remise en cause en permanence et c'est ça qui justifie un combat total. En tout cas, je suis décidé à le mener jusqu'au bout.
Ceci nous montre également qu' Israël a peu d'amis, en tout cas quand Israël est en position perçue comme une position de force. Moi, je crois que le malentendu est là. D'une part les médias jouent un rôle essentiel : les images d'adolescents innocents blessés par l'armée israélienne frappent le public, mais on ne montre jamais les morts innocents lors des attaques kamikazes(!) ; d'autre part, ce qui est très impressionnant, c'est de voir aussi que beaucoup d'analystes, qui se sont exprimés, considèrent que les raisons de cet enchaînement de violences s'expliquent par des raisons rationnelles : " ce sont des raisons économiques, c'est la pauvreté, c'est l'isolement et le désespoir", alors que l'on oublie trop souvent qu'au contraire ce conflit, et notamment cette Intifada, est caractérisé d'une dimension irrationnelle qui est extrêmement forte, et ce n'est que ça : beaucoup de fanatisme et comme le dit malheureusement un dirigeant palestinien : " les Palestiniens aiment plus la mort que les gens n'aiment la vie de par ce degré de fanatisme. " Car je crois qu'il faut une bonne dose de fanatisme pour réaliser les actes kamikazes, et c'est quelque chose que les esprits européens ont du mal à comprendre. Je ne peux pas accepter au plan moral que l'on justifie l'attitude de certains Palestiniens par la situation économique et au nom du désespoir. Je ne peux pas l'accepter et d'ailleurs c'est inacceptable. L'Europe est mal fondée à donner des leçons de maintien de l'ordre à Israël, car celle-ci ne connaît - heureusement - pas la vie d'un Israélien. Les Européens ne connaissent pas le sentiment d'insécurité qui règne quand on marche dans la rue en Israël, tout en sachant qu'un homme-bombe peut se faire exploser à tout bout de champ …

Mais malgré les nombreux points négatifs que j'ai évoqués dans cette dissertation, je rêve que la paix arrivera un jour, elle nécessitera bien sûr des concessions des deux côtés. Toutes fois , il est important de préciser que l'on ne pourra pas atteindre la paix avec les générations actuelles, car on ne leur a jamais appris ce qu'est une véritable paix. Donc, selon moi, il est tout à fait impossible de faire la paix dans l'environnement actuel de haine. Il faudra de nombreuses années pour effacer ces sentiments de colère, car la paix ne s'applique qu'aux hommes de bonne volonté !
En conclusion, je voudrais ajouter qu'il est très dur de juger ce conflit, quand on n'en connaît pas tous les aspects. Et j'espère que ce texte vous aura permis de mieux comprendre ce que l'on appelle aujourd'hui communément le conflit israélo-palestinien !

 

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