TEXTE DE MALEBRANCHE

Je vois par exemple que 2 fois 2 font 4, et qu'il faut préférer son ami à son chien, et je suis certain qu'il n'y a point d'homme au monde qui ne le puisse voir aussi bien que moi. Or je ne vois point ces vérités dans l'esprit des autres, comme les autres ne les voient point dans le mien. Il est donc nécessaire qu'il y ait une raison universelle qui m'éclaire et tout ce qu'il y a d'intelligence. Car si la raison que je consulte n'était pas la même qui répond aux Chinois, il est évident que je ne pourrais pas être aussi assuré que je le suis que les Chinois voient les mêmes vérités que je vois. Ainsi la raison que nous consultons quand nous rentrons dans nous-mêmes, est une raison universelle. Je dis quand nous rentrons en nous-mêmes, car je ne parle pas ici de la raison que suit un homme passionné. Lorsqu'un homme préfère la vie de son cheval à celle de son cocher, il a ses raisons, mais ce sont des raisons particulières dont tout homme raisonnable a horreur. Ce sont des raisons qui dans le fond ne sont pas raisonnables, parce qu'elles ne sont pas conformes à la souveraine raison, ou à la raison universelle que tous les hommes consultent.

MALEBRANCHE.

Commentaire du texte de Malebranche: la raison "Je vois par exemple de 2 fois 2 font 4 [...]"

Par Perrine, Terminale S, 12/20

Introduction

Dans ce texte, l'auteur parle de la vérité et de la raison. Pour Malebranche, la vérité et la raison sont liées. Il montre l'existence de vérités qui sont les mêmes pous tous. Il démontre que ces vérités et la certitude de les connaître résultent de la raison et qu'il est nécessaire qu'il y ait une raison universelle pour tous les hommes afin qu'ils atteignent la vérité. L'auteur pose également dans ce texte le problème de raison particulière qui pourrait empêcher un homme d'atteindre la vérité. Selon l'auteur, pour atteindre la vérité, il faut qu'il existe une raison universelle.

Dans la première phrase du texte, l'auteur utilise deux exemples: l'un d'ordre scientifique, l'autre d'ordre moral. Malebranche amène ces deux exemples comme des vérités. Ce sont deux vérités générales que tous les hommes connaissent ou appliquent. Ces deux exemples ne sont pas discutables ("il faut"). Dans la deuxième phrase du texte, l'auteur dit: "or, je ne vois point ces vérités dans l'esprit des autres". Ces vérités doivent donc venir de quelque chose de propre à tous les hommes. La vérité n'est pas dans l'esprit des hommes. On ne voit pas dans l'esprit des autres pourtant on est certain qu'ils possèdent ces mêmes vérités. Mais on ne sait pas pourquoi on est sûr que tout le monde les connaît.

La vérité vient d'une raison universelle. L'existence d'une raison universelle permet de savoir pourquoi et comment les hommes sont arrivés à une même vérité. Une raison universelle est une raison propre à tous les hommes. Cette raison leur permet d'avancer dans le même sens et ainsi de trouver une même vérité. La quatrième phrase du texte est un exemple. L'auteur démontre avec cet exemple l'existence d'une raison universelle. L'auteur voit les mêmes vérités que les Chinois. Il l'affirme avec certitude: "aussi assuré que je le suis". Pour l'auteur, s'il voit les mêmes vérités que les Chinois, c'est parce qu'il consulte la m^me raison qu'eux. Il y a donc une raison universelle. C'est avec cette raison que les hommes voient tous les mêmes vérités. Selon l'auteur, une vérité ne peut être atteinte sans raison universelle.

Dans la cinqième phrase, la raison universelle est la raison que nous consultons quand nous rentrons en nous-m^mes. La raison universelle fait partie de notre conscience. La raison universelle est une connaissance de soi. Mais chacun a sa raison. Chaque raison suivie n'est pas forcément la bonne. Pour l'auteur, un homme passionné ne suit pas la raison universelle mais une raison qui lui a été dictée par sa passion. L'auteur prend également l'exemple d'un homme qui préfère la vie d'un animal à celle d'un autre homme. Cet homme possède ses raisons mais ne suit pas la raison universelle. Les raisons qui poussent quelqu'un à réagir de façon contraire à une vérité générale, ici d'ordre moral, ne sont pas conformes à la raison universelle. Il s'agit de raisons particulières jugées par l'auteur de déraisonnables. Seule la raison universelle est une raison raisonnable.

Conclusion

Dans ce texte, l'auteur a démontré que la raison universelle était à la recherche de la vérité car elle amène les hommes à voir les mêmes vérités. Selon l'auteur, la raison universelle est la seule raison que doivent suivre les hommes. La vérité et la raison sont liées. La vérité suit la raison universelle. Mais certaines raisons particulières empêchent les hommes d'atteindre la raison universelle et donc la vérité.